Alaa ABOU SHAHEEN

Né à Damas en 1983 et diplômé du département de sculpture de l’école des Beaux-Arts de Damas en 2006, Alaa Abou Shaheen travaille comme assistant professeur à la faculté des Beaux-Arts d’Alep lorsque survient la révolution syrienne en 2011. Se sentant menacé, il décide de partir pour la France où il arrive en 2013. Il gagne sa vie comme socleur tout en continuant sa recherche plastique.

Ses sculptures sont réalisées à partir de chutes de métal récupérées qu’il façonne par martelage, chauffage et soudure, travaillant à partir des qualités propres au matériau, masse lourde et dense à l’aspect pur et lisse. On retrouve le même expressionisme composite dans ses sculptures et ses collages de papiers recyclés, publicités commerciales, journaux et magazines, anciens croquis, fragments de journal intime à peine dissimulés sous d’autres couches de papier, et parfois de peinture, où motifs et couleurs affleurent comme des souvenirs. Sur ce fond riche en matière, Alaa Abou Shaheen retrouve ses sujets fétiches, qu’il complète à petits coups d’acrylique et de fusain.

Ses ânes aux têtes disproportionnées lui sont inspirés par une scène vue en 2007 où l’un de ces malheureux prolétaires du monde animal tente en vain de saillir une noble jument. De sociale, la métaphore devient politique avec la Révolution et les premiers discours d’un Président têtu comme un âne qui a la «grosse tête». De même pour ses portraits de moustachus, symboles d’un pouvoir patriarcal oppressant que désamorcent leurs grotesques attributs et leurs visages sanglants composés à partir de prospectus de bouchers. Après la dictature et la guerre, l’exil inspire à ce maître du recyclage une série d’oiseaux de ferraille, proies vulnérables pour les chatons d’une métropole qui dévore en silence ses volatiles migrants. L’arrivée de sa fille Rita lui ouvre enfin les portes d’une enfance que sa génération n’a jamais connue. Avec elle, il découvre l’univers enchanté des jouets, des livres de contes et des rêves de princesse où tout est à nouveau possible.

Depuis 2005 Alaa Abou Shaheen a participé à de nombreuses expositions en Syrie, mais aussi à Amman, Beyrouth, au Bahreïn, au Qatar, puis à Paris et dans d’autres pays européens.

https://www.facebook.com/Alaa-Abou-Shaheen-Abou-Rita-737329516309528/

Born in Damascus in 1983, Alaa Abou Shaheen graduated from the sculpture department of the Damascus Faculty of Fine Arts in 2006. When the Syrian revolution broke out in 2011, he was an assistant professor at the Aleppo Faculty of Fine Arts. Feeling himself in danger, he left for France, where he arrived in 2013. He currently works as a maker of bases for sculptures, while continuing his own artistic practice.

He creates his sculptures from scraps of metal he collects and then fashions by hammering, heating, and soldering, taking his inspiration from the material’s inherent qualities – weight, volume, density, and a smooth, flawless surface. The same composite expressionism characterises his sculptures and collages, made up of recycled paper, advertisements, newspapers and magazines, old sketches, fragments of a diary that are barely concealed under layers of other papers, and sometimes paint. The motifs and colours seem to rise to the surface like memories. On this background composed of a wealth of materials, Alaa Abou Shaheen explores his favourite subjects, to which he adds acrylic and charcoal highlights.

His donkeys with disproportionately large heads may be traced back to a scene he observed in 2007, when one of these unfortunate proletarians of the animal kingdom tried in vain to mount a mare. That metaphor, initially social, gained political meaning with the advent of the Revolution and the early speeches of a President as stubborn as a swollen-headed donkey. The same is true for his portraits of moustachioed men, symbols of an oppressive patriarchal society, which ridicule their grotesque features and bloody faces made up of butchers’ flyers. After the dictatorship and the war, exile became a source of inspiration for Alaa Abou Shaheen. A master of the art of recycling, he created a series of scrap-iron birds, vulnerable creatures preyed on by kittens in a city that silently devours its migrant “birds”. With the birth of his daughter Rita he was at last able to vicariously experience a childhood that his generation never knew. With her, he discovered the enchanted world of toys, storybooks and dreams of princesses, a world where everything is possible.

Since 2005 Alaa Abou Shaheen has taken part in several exhibitions in Syria and in Amman, Beirut, Bahrain, Qatar, as well as Paris and other countries in Europe.

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