Laila MURAYWID

Née à Damas, en Syrie, en 1956, Laila Muraywid décide après son diplôme de l’école des Beaux-Arts de Damas de poursuivre sa formation à l'École nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris où elle vit et travaille depuis 1981.

Son œuvre complexe et multiforme se déploie selon une logique interne, adoptant différents supports, l’ensemble formant un tout. De sa formation initiale de graveur, Laila Muraywid fait une œuvre proche de la sculpture, fabriquant elle-même son papier pour produire des gravures uniques. Ce travail de la matière l’amène à la production de bijoux, créations singulières et précieuses, qui tiennent autant de la parure que de la sculpture. Si elle signe des collections pour de grands couturiers comme Jean-Louis Scherrer, Christian Lacroix ou Torrente, ses pièces, portées devant le visage comme un masque ou sur le corps comme une carapace, sont aussi le point de départ de performances. Le travail photographique qu’elle développe parallèlement à partir 2006 est une approche du corps de la femme qui apparaît par fragment, le visage restant caché le plus souvent. Depuis 2008, ses sculptures en résine, où différents matériaux viennent s’agglomérer (cheveux, résille métallique, tissus, images, verre ), figurent aussi des fragments de corps, posés là comme des morceaux de chair. Hautement dérangeante, la vision d’un corps, sauvagement tronçonné mais aussi délicatement orné, éveille à la fois répulsion et attraction. Les pires barbaries semblent ici s’illustrer autant que l’infinie délicatesse qu’il a à prendre soin, maquiller, envelopper, parer. A la fois martyrisés et chéris, ces morceaux de corps portent des plaies qui évoquent autant la blessure qu’un sexe féminin béant. Les violences faites aux femmes ou les horreurs de la guerre de tous temps prennent ici corps, tout autant que le souci de sublimer, le besoin immémorial et impérieux de créer des objets magiques. Déchiqueté, défiguré, déshumanisé, le corps  violenté se transforme ici en relique, objet précieux que l’on approche avec respect.

Artiste femme dans un monde toujours dominé par les hommes, Laila Muraywid veut se faire écho de cette oppression millénaire et expose régulièrement en Europe, au Moyen-Orient et à travers le monde. Elle a participé à plusieurs expositions à l’Institut du Monde Arabe à Paris et ses œuvres font partie des collections de grands musées et fondations tels que le British Museum, le Musée Galliera, l'Institut du Monde Arabe, le Musée national des Beaux-arts de Jordanie, la Fondation Al Mansouria, la Fondation Shoman et la Fondation Atassi.

Born in Damascus, Syria in 1956, after obtaining her degree from the Damascus Faculty of Fine Arts Laila Muraywid decided to continue her studies at the École nationale Supérieure des Arts Décoratifs in Paris, where she has lived and worked since 1981.

Her complex and multifaceted body of work, involving various media, forms a coherent whole. While she initially trained as an engraver, Laila Muraywid’s work is closely related to sculpture. She uses paper she makes herself to produce unique engravings. This focus on materials has led her to create unique and precious pieces of jewellery, ornaments for the body that are also pieces of sculpture. She has created collections for important designers such as Jean-Louis Scherrer, Christian Lacroix, and Torrente, and her pieces, which may be worn on the face like masks or on the body like protective shells, have also inspired performances. The photographic work she has pursued since 2006 is largely devoted to the female body, which is revealed only partially, while the face usually remains hidden. Since 2008, her sculptures, in which various materials are inlaid (hair, metal mesh, fabric, images, glass), have also included pieces of bodies. The deeply disturbing vision of savagely fragmented bodies that are also carefully embellished arouses feelings of both repulsion and attraction. Terrible acts of barbarity appear to be on display here, along with the infinite delicacy involved in the act of caring for, enveloping, and adorning the body. Both martyred and adored, these fragmented bodies display lesions that are reminiscent of both open wounds. The traditional violence toward women and the horrors of war are on display here, as well as the desire to sublimate, the imperious and age-old need to create magical objects. Torn apart, disfigured, dehumanized, the tortured body here becomes a relic, a precious object that must be approached with respect.

A female artist in a world that has always been dominated by men, Laila Muraywid seeks to address the oppression of women that has existed from time immemorial. She regularly exhibits in Europe, the Middle East, and throughout the world. She has taken part in several exhibitions at the Institut du Monde Arabe in Paris. Her work is in important museums and foundations such as the British Museum, the Musée Galliera, the Institut du Monde Arabe, the Jordan National Gallery of Fine Arts, the Al Mansouria Foundation, the Shoman Foundation and the Atassi Foundation.