Centre Pompidou, Cité internationale des arts, Palais de Tokyo

Programme de projections

Automne 2022

Pour 2022 l’Association Portes Ouvertes sur l’Art propose une programmation de films d’artistes dans différentes institutions parisiennes.

Dans le cadre du cycle Prospectif cinéma au Centre Pompidou le 29 septembre 2022, à la Cité internationale des arts le 8 novembre 2022, et en écho à l’exposition « Shéhérazade, la nuit » au Palais de Tokyo, avec une projection en boucle du 15 décembre 2022 au 8 janvier 2023.

Cette programmation, conçue par Stéphanie Cottin, révèle des artistes nés pour la plupart après la chute du mur de Berlin. Pris dans le flux d’une histoire post-coloniale qui les a conduit à l’exil, ces artistes mettent à distance les clichés médiatiques pour reformuler leurs récits ou ceux de leurs parents, souvent passés sous silence.

Ils filment au plus près du réel, attentifs aux gestes et aux paroles d’un quotidien à la fois minuscule et majuscule. L’intimité qu’ils entretiennent avec leurs sujets fait apparaître la complexité des situations, mais aussi l’humanité et la force de ceux qui ne laissent pas le doute détruire leur rêve.

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Va-et-Vient, 2021

Courtesy Sara Kontar

L'ami intérieur

15 décembre 2022 au 8 janvier 2023 - Salle du Point Perché, de midi à minuit sauf mardi (projection en boucle) 

Palais de Tokyo, dans le cadre de l'exposition « Shéhérazade la nuit » autour de l’esthétique de Bertrand Mendico (commissaire Yohan Gourmel)

 

Génération funambule née autour des années 1990, avec la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin, emportée par le flux de l’histoire contemporaine post-coloniale et celui des images télévisuelles et internet, les artistes dont nous présentons le travail cherchent à consolider les rives d’un monde plus accueillant, plus fluide, plus ouvert.

Ce qui les intéresse c’est de comprendre comment la caméra, cet objet omniprésent, voire pour certain.es existentiel, capture les paroles et les corps : est-elle cet objectif dominateur qui impose sa vision, ou un œil bienveillant qui écoute la langue de l’autre, l’histoire de l’autre, en toute confiance ? Se déploie-t-elle dans une temporalité pressée ou dans celle plus lente, des contes et récits de la vie quotidienne ? Ce que ces artistes veulent, c’est filmer celles et ceux que l’on entend peu et laisser la sensibilité de la pellicule faire affleurer leur héroïsme ordinaire. 

L’« ami intérieur » devrait être une notion invoquée et convoquée en permanence dans le débat politique actuel. Par opposition à « l’ennemi intérieur », ce principe développé pendant la guerre froide, officiellement abandonné en France en 1962 au moment des accords d’Évian, réapparu de manière sous-jacente dans les débats politiques des années 1980, et toujours présent dans les esprits d’aujourd’hui quand on aborde les questions d’exil et d’immigration.

Les artistes invité.es  tentent de décoloniser nos imaginaires, de mettre à distance le temps médiatique et les représentations toutes faites. Ils et elles nous parlent de ces femmes et de ces hommes à la vie minuscule et majuscule à la fois.

L’« ami intérieur » serait cet être-compagnon, indispensable à la survie du corps social, le nourrissant, l’enrichissant de son flow, de son travail et de sa différence.

Cet ami qui n’a, par la force des choses, pas toujours très bien su où poser ses valises, mais qui veut dire avec ses mots et ses images, la difficulté d’être un et plusieurs à la fois.

 

Majd Abdel Hamid, Intathirha (Wait for her) (2019), 6’38

Ismail Alaoui Fdili, UIGV Class with Abderrahim (2020), 5’13 

Arash Fayez, Three Rather Than Two (or One)  (2019), 8’36

Hamedine Kane, Alpha Jungle (2017), 17’35

Sara Kontar, Va-Et-Vient (2020), 4’15

Rayane Mcirdi, Le jardin (2021), 22’28 

Zoya Laktionova, Suno (2021), 5’49

Harilay Rabenjamina, Le nez de ma mère (2021), 13’54

Phung-Tien Phan, Half moon (2019), 11’05

Anaïs-Tohé Commaret, Amor sur Mama (2019), 9’37

Marina Xenofontos, Sunlight Vandalism (2018), 8’39